skip to Main Content
Qu’est Ce Qu’ont De Plus Les Personnes Confiantes ?

D’où viennent cette aura, ce naturel, ce rayonnement, cette aisance que dégagent les personnes qui ont confiance en elles ? Est-ce que cette confiance est innée? Est-ce qu’elle se construit ?

Cet article est issu du podcast Emotions,  » La confiance en soi : comment peut-on apprendre à la ressentir ? », que je vous invite vivement à écouter ! 

 

Trois concepts psychologiques interviennent dans la confiance en soi

L’auto-efficacité,  on sait qu’on est capable de faire quelque chose car on a déjà pu vivre cette situation ou parce qu’on a confiance en ses compétences. Le chat par exemple, sait s’il peut sauter sur telle ou telle table, si elle est trop haute ou non.  Il a conscience de ses propres capacités.

L’estime de soi, cela dépend des valeurs de chacun.

Le concept de soi, c’est l’identité qui s’est construite dans le temps, ce que je sais de moi.

Lorsque vous avez ces trois concepts, alors vous avez confiance en vous.

La confiance en soi, c’est ce que j’imagine, ce que je pense, ce que je crois, ce que je sais ou que je sens que je suis capable de faire.

 

Quels sont les facteurs qui apparaissaient chez les gens qui ont confiance en eux ?

Ils s’affirment bien, ils sont optimistes, tenaces face aux difficultés de la vie. Ils pensent avoir une influence sur les choses qui les entourent et être capables de réguler leurs difficultés, d’adapter leur stratégie, de réguler leurs émotions avec une capacité à faire confiance en leurs intuitions.

Ils ont conscience de leurs atouts et vont vers ce qu’ils savent faire plutôt que vers leurs points faibles.

Ce sont des gens qui gèrent très bien leurs échecs, ils en tirent des leçons et des points positifs. Par exemple Nelson Mandela disait, « je n’échoue jamais, soit je gagne, soit j’apprends« .

Parce que ces personnes-là régulent mieux leurs émotions, elles sont moins submergées lorsqu’une situation inattendue surgie, elles perdent moins leurs moyens, leurs voix restent posées et elles ont plus d’aplomb.

 

Comment se construit-elle cette confiance en soi ? Pourquoi certains l’ont et d’autres non ?

Si elle peut relever d’un trait de caractère inné, la confiance en soi s’acquière pour grande partie par l’éducation. Une éducation positive, centrée sur l’affirmation de soi va constituer de bonnes bases. Valoriser l’enfant sur ces aptitudes plutôt que se focaliser sur ce qu’il n’arrive pas à faire.

Des parents qui disent à leur enfant « ça chez toi, je trouve ça super, ça me rend très fière, tu es hyper malin, tu vas y arriver, je me fais aucun souci pour toi, fais ce que tu veux, apprécie ta vie, mon amour est inconditionnel, je serai toujours là pour toi », tout ceci va l’amener à développer sa confiance en lui; cela valorise l’enfant en tant que personne.

.

Le locus de contrôle

Cela désigne le lieu où vous placez le contrôle de votre vie.

On parle de locus de contrôle interne lorsque vous pensez que le contrôle de votre vie vient de votre intérieur, vous en êtes le maitre, l’acteur. Vous croyez que vos actions et décisions peuvent changer votre existence et votre environnement.

L’individu qui a un locus de contrôle interne, pense par lui-même, il va avoir tendance à penser qu’il peut modifier la vie qu’il mène, cela va jouer un grand rôle dans la confiance en soi.

Si au contraire, vous avez un locus de contrôle externe, cela signifie que vous pensez que ce qu’il vous arrive est hors de votre portée et votre champ d’action et que vous le subissez.

Les gens qui ont ce type de locus ont le risque de se résigner et de baisser les bras.  C’est souvent le dénominateur commun que l’on va retrouver chez les personnes qui souffrent de dépression.

Les émotions

La stabilité émotionnelle présente une part d’inné qui vient du tempérament génétique ou épigénétique. Mais il y a aussi une part d’acquis, qui permet d’apprendre à améliorer cette régulation.

Il y a bien une différence entre réguler ses émotions et refouler ses émotions. On stabilise mieux nos émotions lorsqu’on les accepte et qu’on est capable de les accueillir. L’émotion nous pousse à avoir un comportement adapté ou non à une situation.

Apprendre à réguler ses émotions, s’apprend dès le plus jeune âge. Prenons l’exemple d’un enfant qui ressent de la colère car il ne peut pas manger de bonbons. Un parent qui ne se contente pas seulement de crier sur son enfant, mais s’engage dans une discussion avec lui, le regarde dans les yeux, lui explique pourquoi il ne peut pas avoir de bonbons, lui parle de sa frustration, de ce qu’il ressent, l’aide à s’apaiser, dans ce cas-là, l’enfant va avoir à la fois accès à la limite et en même temps savoir que l’émotion de la colère correspond à quelque chose. Il saura que son vécu a une importance aux yeux de ses parents, et qu’on peut aborder l’émotion sereinement, la colère n’est pas quelque chose d’effrayant.

Si jamais mes émotions me perturbent cela va nuire à mes performances et je vais enregistrer que  « je suis ne pas capable de », je vais avoir tout un souvenir d’échecs en stock qui sont liés à ces émotions négatives, des émotions qu’on n’a pas appris à réguler. On tombe alors dans un cercle vicieux d’émotions négatives.

Lorsqu’on régule bien nos émotions, notamment la peur, qu’on n’est pas dans l’anxiété de performance et qu’on a conscience de ses points forts, ses compétences et de sa capacité à modifier son environnement, on tend à moins craindre l’échec.

Une personne qui a confiance en elle, va penser que lorsqu’elle échoue, c’est une exception et lorsqu’elle réussit, c’est la règle et peu importe le taux.

Entre les gènes et l’éducation, chaque individu s’engage dans la vie avec plus ou moins de confiance en lui.

Disposer de ces caractéristiques forment un cercle vertueux de la confiance en soi. A contrario, si vous n’avez pas eu la chance de recevoir ce genre d’éducation, si vous êtes plutôt pessimiste et avez une estime de vous-même plutôt chancelante, cela crée un cercle vicieux qui vient continuellement jouer contre vous et rend bien plus difficile l’émergence de la confiance en soi.

Ce phénomène François Vialatte, chercheur en sciences cognitives à l’ESPCI, l’appelle « filtres de perception » qui eux aussi jouent un rôle dans la construction de la confiance en soi.

Les filtres de perception

Jeffrey E.Young, psychologue américain de l’Université de Columbia à New York, a théorisé les filtres de perception.

C’est un schéma cognitif précoce qui s’impose à nous et modèle nos pensées malgré nous. Ces habitudes de pensées vont filtrer la réalité qui ont tendance à s’autoconfirmer. Par exemple si j’ai une très mauvaise estime de moi, je vais avoir tendance à penser que je suis nulle et parce que je suis nulle, je ne vais jamais oser entreprendre des choses, ce qui va d’autant plus confirmer que je suis quelqu’un de nul. Je peux rester enfermé dans ces filtres qui vont se renforcer avec le temps.

A contrario, si vous avez confiance en vous, cela va créer un cercle vertueux.

L’optimisme est un bon exemple de filtre que l’on peut appliquer à la réalité. Je pars du principe que j’ai de grandes chances de réussir et que de toute façon même si j’échoue, j’arriverai à rebondir. En fait dans la réalité, il n’y a pas plus de raisons de croire dans quelque chose de façon optimiste ou pessimiste. La différence est que c’est le filtre qui va permettre de maintenir sa motivation, d’être tenace pour  rebondir en situation d’échec, c’est un filtre qui va donc se confirmer car si j’échoue, je vais rebondir et si je rebondis, je finis par réussir. Donc au final, je vais réussir de plus en plus et me convaincre que je suis capable de réussir.

Ces schémas vont être encrés dans notre mémoire et vont s’exprimer sous la forme de croyance. On parle de pensée automatique face à une situation donnée. Je vais avoir un ensemble de pensées qui vont soit me mettre la tête sous l’eau, soit à l’inverse me donner de la motivation à réussir. Simultanément s’ajoute une composante émotionnelle, avec ce que je ressens dans mon corps et  une perturbation de mes pensées volontaires celle qui ne sont pas automatiques.

Si jamais  je suis dans ces filtres, cela peut m’empêcher de réussir. On pourrait prendre l’exemple des prophéties autoréalisatrices.  Si je pense que je suis mauvais; je vais me convaincre que je vais échouer en ayant des pensées récurrentes dans mon esprit, « je suis trop nul pour y parvenir, je suis bon à rien, toute façon je n’ai jamais rien réussi etc ». Ces pensées vont être associées à des émotions « peur, tristesse, anxiété » et si je ne suis pas capable de réguler ces émotions, elles vont renforcer mes pensées. Je me retrouve dans un système avec une dynamique qui me déborde, je ne sais pas trop quoi faire de ces émotions et cela va avoir un coût intellectuel très lourd. Par exemple lors d’un passage d’examen, je vais avoir beaucoup de mal à me concentrer. En ratant ainsi l’examen, cela va confirmer le schéma, je continuerai à filtrer le monde qui m’entoure pour me confirmer que je suis nul.

Donc si on n’a pas eu une bonne éducation, c’est fichu ?

Non, car la confiance en soi évolue tout au long de notre vie. En revanche, réussir à briser les cercles vicieux des pensées négatives peut être difficile et il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

Aller voir un thérapeute, c’est admettre ses difficultés, identifier ses limites et donc déjà faire un premier pas vers la confiance en soi, ça fait partie de la connaissance de soi, une clé de la confiance.

On n’a pas confiance en soi tout le temps et dans tous les domaines, c’est aussi une question de moment et de contexte. On peut être plus en confiance avec une certaine tenue, après une bonne nuit de sommeil par exemple.

La confiance en soi est exprimée verbalement mais aussi par notre attitude qui est aussi une forme de langage. C’est dans les interactions sociales que la confiance en soi peut être renforcée ou amenuisée. Les autres ont un rôle clé dans cette confiance.

La théorie de la vérification identitaire, c’est l’idée selon laquelle nous sommes constamment en train de négocier l’image que nous avons de nous-même avec celle que les autres nous renvoient. Si les gens autour de vous confirment par leurs mots et leurs gestes ce que vous pensez de vous-même, les croyances que vous avez à votre propre sujet, votre estime de vous-même sera renforcée. Si au contraire, ils opposent une vision de vous qui ne correspond pas à la vôtre, cela va créer une dichotomie. Ce décalage peut contribuer à amoindrir votre estime et votre confiance.

Il faut donc s’entourer de gens bienveillants; des gens qui nous aiment pour ce que nous sommes, par forcément des gens qui nous disent ce qu’on veut toujours entendre, mais s’ils nous font des reproches ou nous contredisent, qu’ils le fassent pour notre bien et de manière non humiliante et non dégradante.

Avoir confiance en soi, c’est peut-être moins un état général flou, qu’une série d’outils ou de compétences qu’on peut apprendre, soit dans l’enfance si on a de la chance, soit plus tard en faisant un travail sur soi. Apprendre à se connaître, à réguler ses émotions, à mieux gérer ses échecs, apprendre à être plus optimiste, modifier ces filtres de pensées. C’est difficile mais faisable.

Avoir confiance en soi n’est pas un absolu, ce n’est pas quelque chose qu’on doit éprouver tout le temps dans toutes les situations. L’important est de se focaliser sur ses projets, sans se comparer aux autres, avec douceur et bienveillance.

La confiance en soi est plus du registre de la joie, la joie d’être soi.

 

ECOUTER LE PODCAST

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back To Top